Suivez la construction d'un mini 6,50
30 Octobre 2017
Sans la pression de la préparation à la mini transat cette année, j'ai pu dégager du temps pour préparer sereinement la construction du nouveau bateau.
Cela fait un moment que j'ai ce projet en tête, depuis que j'ai commencé le mini en 2009 en fait. Ce qui fait que j'ai pas mal échangé avec des pros sur les techniques de construction. Les choix techniques, les astuces, les bêtises à ne pas faire...
J'avais un bon feeling avec l'équipe de Finot conq à qui j'avais commandé une étude pour installer des foils sur le 618 en 2016.
Le cabinet de son coté avait travaillé deux ans dans le plus grand secret sur une étude de carène scow extrapolée de celle du magnum (747 vainqueur de la mini 2011) et du maximum (865).
Assez naturellement j'ai choisi de leurs faire confiance pour préparer les plans du futur bateau connaissant le sérieux de leur travail (mini 667 double vainqueur de la mini), leur disponibilité et surtout leur grande motivation.
Ainsi à débuté une phase passionnante de réflexion et de création. Durant l'été, nous avons travaillé à distance sur les grandes lignes du bateau. Si la carène était prête, il fallait définir le reste, quel type de gréement, quels appendices, le plan de pont, l'ergonomie générale...
Tout cela à été choisi en ayant comme leitmotiv performance bien sûr mais aussi simplicité et efficacité. Il a fallu également réfléchir à des méthodes de construction des éléments permettant la construction amateur.
C’était très intéressant de confronter mon expérience de coureur avec les idées des architectes et de voir les hypothèses avalisées ou rejetées par les études du cabinet. Le fait de travailler avec un cabinet d'architecte aussi experimenté a grandement simplifié les choses.
A mon retour de mer mi Aout, le cabinet à fermé pour congés annuel, comme toute la France en fait. J'ai donc mi à profit cette période de calme pour préparer mon chantier sereinement. Trouver le hangar, les outils, fabriquer l'outillage, le mobilier, ect pour travailler dans de bonnes conditions.
Début septembre, tout s'est accélérè avec les négociations avec les fournisseurs pour les matières premières et le montage du mannequin de coque usiné sur machine CNC. Enfin le projet rentrait dans quelque chose de concret.
Beaucoup de travail de menuiserie avant de pouvoir commencer le composite.
A l'issu de l'assemblage du mannequin, les plaques de mousse Corecell ont été mises en forme et collées entre elles. Elles sont maintenues en place de l’extérieur par des vis qui traversent les lattes de bois.
Les partie planes n'ont pas posé de problème mais les zones sous le bouchain de coque (l'angle sur les coté) et bien sûr l'étrave ronde ont étés long et compliquées à faire. Les morceaux de mousse devant être ajustés ensembles et thermoformés pour ne pas qu'il y ai de contrainte dans la mousse.
Il manque toujours l'étrave !
Pour l'étrave, il a fallu se rendre à l’évidence, il ne serait pas possible de la faire sur un mannequin. J'ai donc fait usiner un bloc de mousse qui m'a servit de mannequin. C'est une entreprise spécialisée dans la réalisation de moules qui s'est chargé de l’opération.
L'option de fabriquer l’ensemble du bateau dans un moule usiné aurait été l’idéal, mais le côut était beaucoup trop important. Ce type de technique n'est utilisé habituellement que par des professionnels ayant de gros budget. Il n’empêche que la technique et les machines utilisée sont impressionnantes à voir.
Mannequin en mousse et fibre de verre sur lequel a été réalisé l'étrave en âme corecell. La complexité de la forme a necessité de passer beaucoup de temps en ajustage et thermoformage
L’étrave a part la suite été greffée sur le reste et une structure de bois construite autour pour solidifier l'ensemble.
Au final on obtient un bateau en mousse qui donne une bonne idée de la carène du futur bolide.
La prochaine étape sera d'installer les réservations dans la coque (réalisées en commande numérique) et stratifier la peau intérieure et les renforts en fibre de carbone.
Un bateau ... .... en mousse !